on avait trouvé la prison vide, comme on ne savaitde quelle façon se rendre compte de ces évasions, on disait qu'il avait trouvé l'herbe qui coupe le fer. Il y avait donc un certain merveilleux quis'attachait à cet homme, Quant à moi, je n'y songeais, je l'avoue, que quand sa pauvre femme venait se confesser à moi, m'avouant ses terreurs et medemandant mes conseils. Alors, vous le comprenez, je lui conseillais d'employer toute son influence sur son mari pour le ramener dans la bonne voie, Maisl'influence de la pauvre femme était bien faible, Il lui restait donc cet éternel recours en grâce que la prière ouvre devant le Seigneur. Les fêtes dePâques de l'année 1783 approchaient. C'était dans la nuit du jeudi au vendredi saint. J'avais, dans la journée du jeudi, entendu grand nombre deconfessions, et, vers huit heures du soir, je m'étais trouvé tellement fatigué, que je m'étais endormi dans le confessionnal. Le sacristain m'avait vuendormi . polo lacoste, mais, connaissant mes habitudes, et sachant que j'avais sur moi une clef de la petite porte de l'église, il n'avait pas même songé à m'éveiller .ce qui m'arrivait ce soirlà m'était arrivé cent fois. X L'ARTIFAILLe, 96 Page 100 Les mille et un fantomes Je dormais donc, lorsqu'au milieu de monsommeil je sentis résonner comme un double bruit. L'un était la vibration du marteau de bronze sonnant minuit . l'autre était le froissement d'un pas sur ladalle, J'ouvris les yeux, et je m'apprêtais à sortir du confessionnal quand, dans le rayon de lumière jeté par la lune à travers les vitraux d'une desfenêtres, il me sembla voir passer un homme, Comme cet homme marchait avec précaution, regardant autour de lui à chaque pas qu'il faisait, je compris que cen'était ni un des assistants, ni le bedeau, ni le chantre, ni aucun des habitués de l'église, mais quelque intrus se trouvant là en mauvaise intention. Levisiteur nocturne s'achemina vers le choeur. Arrivé là, il s'arrêta, et, au bout d'un instant, j'entendis le coup sec du fer sur une pierre à feu . survetement lacoste pas cher homme je vis pétiller une étincelle, un morceau d'amadou s'enflamma, et une allumette alla fixer sa lumière errante à l'extrémité d'un cierge posé sur l'autel. A la lueurde ce cierge, je pus voir alors un homme de taille médiocre, portant à la ceinture deux pistolets et un poignard, à la figure railleuse plutôt que terrible,et qui, jetant un regard investigateur dans toute l'étendue de la circonférence éclairée par le cierge, parut complètement rassuré par cet examen. Enconséquence, il tira de sa poche, non pas un trousseau de clefs, mais un trousseau de ces instruments destinés à les remplacer, et que l'on appellerossignol, du nom sans doute de ce fameux Rossignol, qui se vantait d'avoir la clef de tous les chiffres, À l'aide d'un de ces instruments, il ouvrit letabernacle, en tirant d'abord le saintciboire, magnifique coupe de vieil argent, ciselée sous Henri II, puis un ostensoir massif, qui avait été donné à laville par la reine MarieAntoinette, puis enfin deux burettes de vermeil. Comme c'était tout ce que renfermait le tabernacle, il le referma avec soin, et semit à genoux pour ouvrir le dessous de l'autel, qui faisait châsse, Le dessous de l'autel renfermait une NotreDame en cire couronnée d'une couronne d'or etde diamants et couverte d'une robe toute brodée de pierreries. Au bout de cinq minutes, la châsse, dont, au reste, le voleur eût pu briser les parois deglace, était ouverte, comme le tabernacle, à l'aide d'une fausse clef, et il s'apprêtait à joindre la robe et la couronne à l'ostensoir, aux burettes et ausaintciboire, lorsque, ne voulant pas qu'un pareil vol X L'ARTIFAILLe, 97 Page 101 Les mille et un fantomes s'accomplît, je sortis du confessionnal, etm'avançai vers l'autel. Le bruit que je produisis en ouvrant la porte fit retourner le voleur. Il se pencha de mon côté, et essaya de plonger son regarddans les lointaines obscurités de l'église, mais le confessionnal était hors de la portée de la lumière, de sorte qu'il ne me vit réellement que lorsquej'entrai dans le cercle éclairé par la flamme tremblotante du cierge, En apercevant un homme, le voleur s'appuya contre l'autel, tira un pistolet de saceinture et le dirigea vers moi.